Manue et moi. Un peu de calme et de soleil.
Matthieu me retrouve chez moi. Je suis chargé à bloc d’un meltingpot d’émotion qui ne demande qu’à déborder. Les premiers reproches, les premières réponses… Je crois que j’avais cerné un peu le problème. L’essentiel, finalement, est de désamorcer la bombe. Il reste que nos relations triangulaires sont marqué par la rivalité et qu’aucun de nous n’a le courage de s’en passer. Matthieu lutte en essayant d’être au dessus de nous, François en étant le plus brillant en soirée, et moi en remettant toujours en cause leur confiance, en chatouillant leurs égos pour les déstabiliser. Je suis vidé. Ma grand-mère, mon père, mes angoisses, mon addiction, ma chimère romantique, mon désir de domination… Tout se mélange dans un chaos ingérable. Il est temps que je mette de l’ordre dans ma vie. Vite.
Sonia - Manue
Il est treize heure. Je vais prendre cinq minutes pour résumer ce week-end qui malgré tout n’est pas fini. Un week-end en dent de scie.
La première soirée fut idyllique. Je touchais du doigt l’idée du bonheur et je ressentais un vrai bien-être. Ça semblait réciproque. Sonia souriait. On se faisait des compliments. On se retrouvait. Je dois dire honnêtement que je suis sous son charme. Je la croyais aussi un peu sous le mien, et c’est bien là mon problème.
Le second jour est tout aussi agréable. Du moins en grande partie. Jusqu’à l’heure où arrive Manue. Je n’avais pas anticipé que les relations triangulaires pose problème même avec des filles. A partir de ce moment, la tension est née entre Sonia et moi. Je ne sais pas si elle faisait la grande fille devant sa pote ou si c’est moi qui jouait les mâles alpha mais je me suis emporté. Tu sais, souvent je me suis demandé à quel moment j’ai perdu, à quel moment le regard de la fille a changé, à quel moment elle ne m’a plus considéré comme un type fascinant et charmant. Et bien là, j’ai pu le voir se faire de toute pièce, sans presque jamais pouvoir rien y faire.
Le dimanche consiste en une longue conversation entre les deux filles et moi qui fait la gueule sur mon lit. Faire la gueule, c’est plutôt vite dit. Disons plutot déprimer comme après avoir vu dogville et melancholia et toute la filmo de Lars Von Trier.
Après le départ de Sonia, je reste seul avec Manue et nous n’avons pas grand chose à nous dire. Je regrette. Comme toujours. Alors aujourd’hui, je ne sais pas quoi faire. Le soleil tente de me rassurer et je l’admire pour ça.
Greece should have been saved by us if only the germans had let us.
Les premières lignes sont souvent les plus difficiles.